Improvisez comme John Coltrane (…enfin presque)

Il est parfois bon de s’intéresser au jeu d’autres instrumentistes (pianistes, saxophonistes, trompettistes, etc.) pour renouveler un peu son approche de l’improvisation, et SURTOUT, sortir des stéréotypes guitaristiques.

J’ai décidé ici de m’intéresser au jeu de John Coltrane, LE grand saxophoniste de jazz que l’on ne présente plus. Il va sans dire que je ne vais pas faire une analyse complète de son jeu, et que, même après le visionnage de cette vidéo, vous ne jouerez pas comme lui ! Revenons sur terre 🙂

Ce que je veux vous montrez, c’est comment avec des éléments musicaux assez simples, John Coltrane arrive à développer une improvisation cohérente et à rendre ces éléments musicaux.

La composition sur laquelle je vais fonder ma démonstration s’intitule « Love », dans sa version figurant sur l’album « First Meditations », paru après la mort de Coltrane en 1977.

Maintenant que vous avez la mélodie dans l’oreille, intéressons-nous à ce qu’il se passe musicalement.

Tout d’abord, notons que la composition fait un usage particulier du rubato, c’est-à-dire qu’il n’y a pas ici de rigueur concernant la régularité de la pulsation. Le débit rythmique est laissé à l’appréciation des musiciens. Ce qui donne à la composition une atmosphère toute particulière, très aérée et flottante (si jamais cela a la moindre signification !).

D’autre part, il s’agit d’une composition modale faisant entendre un mode mixolydien sur Mi bémol.

Donc avant toute chose, voici quelques positions pour jouer ce mode de Mi bémol Mixolydien :

Que fait Coltrane dans cette improvisation ?

Nous pouvons rapidement nous rendre compte qu’il utilise une technique d’improvisation assez basique qui est de jouer la gamme par intervalles de tierces ascendantes, puis, pour les mouvements descendants, il utilise un pattern de 4 notes conjointes qu’il transpose diatoniquement sur la gamme descendante :

Joués tels quels, ces patterns paraissent trop mécaniques et possèdent trop l’allure d’un vulgaire exercice. Comment, alors, John Coltrane arrive-t-il à les rendre plus musicaux ?

Tout d’abord, en doublant chaque note, comme vous pouvez le voir dans la transcription du début de la pièce (le rythme est ici à prendre à titre indicatif, libre à vous d’en faire ce que vous voulez) :

Ensuite, il faudra faire attention à l’accentuation des notes, pour donner du relief aux lignes mélodiques.

Faîtes de courtes phrases ou motifs construits sur ces mouvements en tierces, et jouez-les rubato, c’est-à-dire en accélérant ou ralentissant à loisir pour créer du mouvement à l’intérieur de votre discours improvisé.

Prenez conscience des phénomènes de tensions et de détentes à l’intérieur d’un mouvement mélodique, comme par exemple à la mesure 9, où Coltrane fait une pause sur le si bémol (quinte de la tonique du mode), puis conclut à la mesure 10 avec une phrase qui se résout délicatement sur mi bémol.

Ne surtout pas hésiter à développer un motif en le répétant à l’octave par exemple, et en le transformant légèrement en remplaçant sa note la plus aiguë (voir les mesures 11 à 14 de la transcription ci-dessus).

Ces contours mélodiques par tierces sont transposables à n’importe quelle gamme, donc ne prenez pas peur si jamais vous n’êtes pas familier avec le mode de Mi bémol Mixolydien !

Regardez attentivement la vidéo pour davantage de détails et d’exemples.

Amusez-vous avec et faîtes en sorte d’intégrer cela à vos autres techniques d’improvisation.

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